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Pour réaliser ce film, je collecte des morceaux de verre sur le rivage de la Méditerranée. À la fin de l’année 2024, j’ai récolté plus de 10kg de matériel. Cette quantité est une manière de définir un rapport au film et à l’image au travers d’une quantité précise. Ce corpus de débris devient la limite de mon champ d’action. Une contrainte qui modèle la forme, chaque morceau de verre n’apparaissant que sur un seul photogramme du film. Ainsi l’ensemble des morceaux de verre du
film s’anime par le tri et l’ordonnancement, mais reste tous unique les uns au autre.
Ces résidus, polis par l'eau salée et l’effet mécanique des vagues, sont souvent perçus, pour ceux qui les ramassent, davantage comme le souvenir d'une balade que comme un signe de pollution. La qualité intrinsèque du verre le place dans une position beaucoup moins dérangeante que le plastique. Pourtant, ils sont tous les deux les témoins d'une perte de contrôle, laissés à l’abandon. Ce film joue sur le caractère particulier de ce matériau, à la fois résidu et petit trésor dans les yeux d’un enfant. Pour cette collecte conséquente, il a été nécessaire de mettre en place une logistique intensive sur plusieurs semaines. Ainsi, ma présence sur le rivage marque le début de la production que j’envisage comme une performance : une performance minimale, résumée par un homme à la limite entre la terre et la mer. La mise en forme/en scène de la récolte au travers de la vidéo est une part du processus, à la fois autonome et intégré dans un geste total.
Cette création peut faire l'objet d'un atelier autour du Stop motion expérimental pour tout public.