THÉORIQUEMENT :
Si on se fie aux dernières approches de l’histoire de l’art, nous pourrions nous classer dans l’art contemporain. Nous utilisons de nombreux médias, de nombreux supports que nous mettons en œuvre dans ce qui s’apparente à une installation. Nos œuvres sont hors cadre, hors socle, nous occupons un espace. Certaines formes de nos réalisations s’approchent plus de la performance que de l’objet exposé. Nous ne créons pas une œuvre unique mais un concept qui se développe, s‘adapte aux projets qu’on nous soumet.
En termes de sous-catégorie, celle qui couvre la plus grande surface de nos réalisations, c’est certainement l’art numérique. Tous nos moyens dépendent de la numérisation. On fait appel à l’image numérique, à la musique électroacoustique, aux nouvelles réalités (réalité augmentée), à l’interaction et son cortège de programmations et de capteurs.
Au-delà de cette tentative de classement de notre travail, nous nous distinguons aussi de ces familles parce que, dans le même objet, nous écrivons des histoires. La narration permet de reculer le focus et de regarder l’ensemble. Le monde qui nous entoure se noie dans le flux du détail des événements. Cela ne crée que des émotions, des réactions beaucoup moins de perspectives.
Nous nous distinguons aussi par le fait que nous voulons dépasser le cadre de l’art qui définit l’art, le critique, le remet en cause. Ce qui nous intéresse, celui qu’on veut rencontrer, regarder et toucher par nos œuvres c’est le public. Nous aimons être présents avec l’œuvre sur son lieu de diffusion pour échanger, écouter, entendre, voir. D’une œuvre, peu compte si ce n’est l’expérience qu’en retire le spectateur. Chacun est important pour la singularité même de la lecture qu’il fait des événements qui l’affectent.
MANIFESTEMENT :
Pour nous, le numérique reste un outil et non une fin en soi. Nous nous servons des moyens du numérique comme des peintres peuvent se servir de pinceaux ou plutôt comment ils se sont emparés des nouvelles gouaches pour gagner en mobilité, des nouvelles acryliques pour aller plus vite.
Nous travaillons bien entendu sur les modalités de l’interactivité pour poursuivre le glissement qui fait passer une œuvre des mains de l’artiste à celles du spectateur. Depuis Marcel Duchamp, tout nous conduit vers un rôle toujours plus important du spectateur.

