Plaçant sa recherche au cœur de l’effacement progressif du monde sensible des écosystèmes, Marylou Sharrock décèle dans le médium électronique un pouvoir enchanteur : un langage qui stimule nos sens, aiguise l’écoute et ouvre à des perceptions et des interactions plus fines. Soucieuse de comprendre et de rendre perceptibles les réseaux complexes du vivant, son travail met en lumière les correspondances entre des écosystèmes fragilisés et les architectures des interfaces électroniques. Elle module notamment des chants d’oiseaux qu’elle archive depuis 2018, au moyen de machines qu’elle dessine, code et soude. En 2020, elle crée le Bird Translator, un synthétiseur permettant de transformer la voix humaine en chant de rossignol.
Son travail se déploie à la frontière d'une expérience sensible et d'un outil de transmission, sous la forme d’ambiances immersives au sein desquelles le public peut intervenir. En 2020, Marylou conçoit Jardin, une installation composée d’une série de synthétiseurs rejouant les répertoires acoustiques d’oiseaux en déclin en Camargue. Le public est invité à manipuler ces instruments, perturber leurs équilibres et composer, en temps réel, ce paysage restauré.
Parmi ses projets récents, Maison (2024), lauréat FoRTE 2024, est une installation immersive dédiée aux paysages sonores fragiles des marais de Misery (Essonne), articulant circuits électroniques analogiques, fanzine et ateliers. Le projet est présenté notamment au FRAC Île-de-France et au Domaine de Montauger, en collaboration avec la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Elle développe aussi Bestioles (2022), une installation évolutive accompagnée d’ateliers, lauréate du Centre Tignous, nourrie par des résidences au Brésil (Observatório de Aves da Mantiqueira), au Pérou, en Camargue (Tour du Valat x Fondation Luma) et en Lettonie (Kemeri) avec les Instituts français, et diffusée dans le réseau Micro-Folies avec La Villette depuis 2025. Enfin, avec Harmonium (2023–2026), elle mène une recherche et des enregistrements sous-marins initiés à Djibouti (avec l'Institut Français), constituant un corpus et une réflexion sur les récifs sonores, leurs fragilités et leurs capacités d’auto-réparation, en collaboration avec l’association Bloom.
Le travail de Marylou a été reconnu par divers médias orientés écologie, notamment l’émission La Terre au Carré sur France Inter.

