Hyperborée est une performance installative mouvante qui suppose une temporalité ambiguë comme un étrange timelapse géologique passant de l’eau de la mer profonde à la glace millénaire de la banquise jusqu’au plasma sidéral des aurores boréales.
Hyperborée
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Avec ce projet, nous nous intéressons à la notion de métamorphose entendue comme espace d’hybridité, comme relation entre l’humain et le non-humain. Le vivant et l’inanimé acquièrent un statut équivalent, celui de matière « occupée », « habitée », « insufflée » voire « hantée » par l’esprit d’exploration. Cet esprit prend toutes les formes que l’on ose lui prêter. Tout se joue aux confins, aux limites mouvantes et émouvantes qui font qu’un paysage se transforme en personnage.
Hyperborée se situe dans la continuité de notre démarche artistique qui interroge la dialectique entre la technique et l’organique, l’artisanat et la technologie, l’illusion et les matériaux à vue. Ici, il s’agit d’imaginer un objet « synthèse », un système modulaire faisant référence à un paysage polaire en perpétuelle mutation, une sorte de synecdoque arctique.
Hyperborée trouve son inspiration d’un texte de la philosophe et écrivaine Marielle Macé Paysages incertains dont en voici un extrait :
Vivre dans ce monde abîmé, c’est habiter des paysages foncièrement incertains. Pas forcément hostiles, pas toujours pollués, rarement sans beauté, même ; mais incertains, ambigus, peu lisibles, troubles, louches. Des milieux à l’instabilité accrue, à la précarité accrue. De grands lacis de lignes de vie et de lignes de mort, tissés de déchets, de fantômes, d’oublis, de contaminations, de dangers, mais aussi de rêveries, de potentialités, de surprises. Des paysages que l’on ne comprend pas, que l’on comprend mal (...) ; des paysages dont on ne sait pas vraiment de quoi ils sont faits, dont on ne saisit pas les composantes ; des paysages dont on ne sait pas s’ils sont viables (sains, stables, durables) ; dont on ne sait pas non plus s’ils sont fiables : dans lesquels on ne sait pas si on pourra vivre, sur lesquels on ne sait pas si l’on pourrait vraiment compter...
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